10 avr. 2011

Moto printanière en Haute-Savoie

 La neige fond à toute vitesse. Les arbres se pomponnent de rose ou blanc. Il fait 24 °C.


Les femmes ont sorti leurs robes légères et leurs sandales. A contre-courant, je chausse les bottes et le pantalon de cuir... pour partir sur 2 roues dans l'envirante glisse qui remplace le ski.


Virée en moto avec mon motard favori !



Nous remontons la vallée verte si bien nommée, dégringolons le col du Feu qui domine le lac Léman, passons au Casino ...???


Non je blague, à Evian mais pas au casino! Découverte du bâtiment Art Nouveau de la Source Cachat (eau d'Evian: 1,5 milliard de litres  par an!).


Sur les quais, l'ambiance est très riviera ce matin. La "Savoie" est mouillée au port. C'est la réplique des grandes barques du Léman (35m de long) qui transportaient les pierre de la carrière de Meillerie vers Genève et les ports.


Et c'est reparti dans la vallee d'Abondance. Les motos balancent d'un col a l'autre vers Morzine.


Ces routes alpines par un temps pareil sont une vraie fête pour les motards. Nous aurons bien profité.




6 avr. 2011

De toutes les couleurs à l'A Neuve

Nous en avons vu de toutes les couleurs dans cette traversée en haute-montagne : BRUN, ROUGE, NOIR, ROSE. Suivez les couleurs. 

Départ de La Fouly, village perdu au fond du val Ferret.


Le Val Ferret suisse. Pas l'italien. 2 vallées portent le même nom dans 2 pays différents, c'est plus pratique! Peu de neige hein? Ca, c'est pour le BRUN.


C'est la Fouly en ce 2 Avril torride: dès 9 heures du mat', la neige devient "Miko fondu" plutôt que "Poudre & Glace".


Les p'tits loups attaquent en caracolant les 1100 m de dénivelé vers la cabane de l'A Neuve.  Une foule d'autres skieurs monte dans les rochers BRUNs.


Je cours derrière en haletant



et commence ainsi,1000 m plus haut, à entrer en zone ROUGE.

Vertiges et nausées, j'avance à mon corps défendant sous le soleil valaisan, celui-là même qui fait mûrir les vignes.

L'insolation me terrasse quelques mètres avant l'arrivée. Karim, déjà au refuge (avait-il commandé sa bière?), doit redescendre m'aider.





Au ralenti, je m'approche enfin du toit ROUGE de la cabane perchée sur un éperon rocheux.


Je pose mes skis contre les volets, ROUGEs et blancs,

  

puis m'évanouis l'espace d'un instant avant de savourer la chaise longue. Aurais-je forcé?


Pitch, lui, est frais comme un gardon.


Luc et les autres aussi. On ne doit pas avoir la même motorisation.


Cette petite cabane du Club Alpin Suisse est tenue par deux êtres charmants: Martine, la gardienne, qui a un mot gentil pour chacun



et son chat d'altitude (2735 m), peu sauvage malgré la foule du week-end: mrrrou, câlin?


J'anticipe les questions: oui c'est une chatte (enceinte) et non elle ne monte pas en peaux mais en hélicoptère avec sa patronne.

Cette dernière doit régenter ce soir 32 alpinistes affamés: un exploit dans un espace aussi restreint, mais tout est organisé presque militairement et le repas est vite engouffré.

Pendant que certains s'instruisent en lisant "L'éloge des femmes mûres",


d'autres se concentrent sur le Montagnes Magazine,


ou lancent un dernier regard aux cascades de glace du Dolent depuis la fenêtre du dortoir,


et se couchent, déposant au pied du lit les Crocs ROUGES aux armes du CAS. Quelle classe!


L'isoterme 0° étant presque à 4000m,
le réveil sera plus que matinal: 3h30.
Îiiiik!


Je dors mal, resssassant mes craintes de ne pouvoir suivre dans une course engagée oú l'on ne peut rebrousser chemin puisqu'il y a plusieurs cols à passer.
Lever dans la nuit totale. Il fait NOIR comme dans un four.

Lucioles bleues, les frontales dansent une descente aux flambeaux à l'envers. Comme une chenille lumineuse qui monte, qui monte...

Nous attaquons le couloir des Essettes en piolet-crampons, il est trop raide pour garder les skis.

L'avantage de l'obscurité (NOIRE-NOIRE comme dirait une humoriste connue), c'est qu'on ne voit pas le vide béant se creuser sous nos pas. Je suis plus en forme la nuit que sous le soleil.


Les trois complices aussi. Mais au contrôle anti-doping Jako se révèle boosté au Nurofène (et moi au chocolat mais ça se voit moins).


Luc s'est aussi éclaté dans ce couloir nocturne.


Brutalement, la noirceur cède le ciel à une aube aux ROSES délicats.


Le col que nous venons de passer se pare de MAUVE. Nous sommes seuls dans cet univers sublime.


Emerveillés par la beauté de ce nouveau jour, nous glissons sur le glacier de Treutse Bo.

Le ciel est assorti à la veste de Christine. Quelle classe (bis)!

Au col de Crête sèche, nous dessinons quelques sillons éphémères dans la lumière déjà changeante.


Passage en phase JAUNE. La montée est tentante vers le Grand Darrey. Mais il reste encore un col à grimper pour jouir de la poudre et l'heure avance. Donc "joker" sur ce sommet.


En ligne de mire, le col des Planereuses. 3030m. Atmosphère OR.


Coup de frein: la vieille peau de la Flo se décolle. Y a t-il contrepeterie?

Le col, plus raide qu'il n'y paraît, requiert un brin d'escalade mixte.

On admire Christine et Pitch en pleine action. Vidéo d'1mn. Rhooooo le genou!


Sourires satisfaits de la cordée au 3è col sur fond d'Aiguilles Dorées 


Derrière le col nous attend une longue descente de poudre BLEUE. Yahouuu....


On en a jusqu'aux cuisses.. qui commencent à drôlement fatiguer depuis 4h ce matin!


Le panorama est exceptionnel de l'Aiguille du Chardonnet jusqu'aux Aiguilles Dorées. C'est l'autre côté de Chamonix. Quelques traces de randonneurs zèbrent ces immensités BLANCHES.


Hélas, la poudre se transmute en croûte.


Le sourire est encore sur les lèvres au plateau supérieur du glacier de Saleina.


Mais il va se transformer en grimace sous le Portalet


oú nous devons skier sur des avalanches durcies parsemées de cailloux récemment tombés, coincés entre la falaise et les crevasses. 


Ouf, on a passé les séracs sans recevoir la montagne sur la tête ou être avalés par le glacier!

Mais la neige pourrie met nos articulations à rude épreuve. Luc hurle de rage!


C'est encore pire dans la dernière partie avec conversions, déchaussages, accros des semelles sur cailloux, jambes enfoncées jusqu'aux cuisses entre les rochers.


Nous sommes très lents dans ce magma BLANCHÂTRE, attentifs à ne pas nous blesser.


Guide content. Les clients ont presque fini le ski de tranchées.


Il regarde un pic de rêve pour grimpeur: le clocher du Portalet.


Final du cycle dans les bois BRUNS des Praz-de-Fort. Nous sommes raides par ce raid  mémorable.


Mais dès que les courbatures auront disparu, nous serons prêts à repartir. C'est prévu: en Norvège, très bientôt. A la prochaine!